André Bettencourt

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Modèle:Voir homonymes Modèle:Infobox Personnalité politique

André Bettencourt est un journaliste, homme d'affaires et homme politique français, né le Modèle:Date de naissance- à Saint-Maurice-d'Ételan et mort le Modèle:Date de décès- à Neuilly-sur-Seine.

Fondateur des journaux La France agricole et Le Courrier cauchois, dirigeant de L'Oréal, il est député puis sénateur de la Seine-Maritime entre 1951 et 1995 et membre du gouvernement sous les présidences de René Coty, Charles de Gaulle et Georges Pompidou.

Biographie

André Marie Joseph Bettencourt<ref>www.assemblee-nationale.fr</ref> naît dans une vieille famille bourgeoise catholique normande ; selon Bruno Abescat, il s'agirait de la famille du navigateur Jean de Béthencourt<ref name="lexpress">Bruno Abescat, Liliane Bettencourt. Les secrets de la première fortune de France, L'Express no 2578, Modèle:Date-.</ref>. Sa mère, Marie-Jeanne de Chalendar, est issue par son père d'une famille aristocratique<ref>Acte de naissance à Saint-Germain-en-Laye, du Modèle:Date-, de Marie Jeanne Clémence Françoise de Chalendar, née ce jour, fille de Ferdinand de Chalendar, major au Modèle:11e de chasseurs à cheval, âgé de quarante ans, et de Esther Adèle Marie Alexandrine Roguin, âgée de vingt-six ans ; mariés à Valenciennes (Nord) le Modèle:Date- - Archives départementales en ligne - Saint-Germain-en-Laye (1883-1883 ; vue 66/77).</ref>. Son frère aîné, Pierre (1917–2006), deviendra artiste. Son père, Victor (1875-1946), est avocat à la Cour d'appel de Paris, conseiller général depuis 1934 de la Seine-Inférieure et maire depuis 1936 de Saint-Maurice-d'Ételan<ref name="assnat">Biographie d'André Bettencourt sur le site de l'Assemblée nationale</ref>. Propriétaire terrien en Normandie, c'est un notable et un militant catholique : ancien vice-président de l'Association catholique de la jeunesse française (ACJF) avant 1914, il préside notamment l'Union des catholiques du diocèse de Rouen, affiliée à la Fédération nationale catholique, et l'Union catholique de la France agricole (UCFA), affilée également à la FNC et qui devient en 1939 la Ligue agricole catholique<ref>Nadine-Josette Chaline, Des Catholiques normands sous la Troisième République : crises, combats, renouveaux, édition Horvath, 1984 , Collectif, Chrétiens dans le monde rural : LAC, MFR, CMR 1939-1989, Les éditions ouvrières, 1989, Modèle:P.</ref>,<ref>« Mort de M. Victor Bettencourt », La Croix, 15 décembre 1946</ref>.

Étudiant en droit dans les années 1935–1937, résidant à l’internat des pères maristes situé au 104 rue de Vaugirard à Paris, il fréquente des membres de la Cagoule en compagnie de ses amis Pierre de Bénouville, Claude Roy et François Mitterrand<ref>Pierre Péan, Une jeunesse française, François Mitterrand 1934-1947, Fayard 1998, Modèle:P.</ref>. Il rencontre aussi Eugène Schueller, fondateur de L'Oréal et père de sa future épouse, Liliane<ref>Modèle:Lien web</ref>.

Grâce à son père, André Bettencourt est secrétaire de la Jeunesse agricole catholique (JAC)<ref>La Croix, 12 avril 1939</ref>,<ref>Bénédicte Vergez-Chaignon, Les vichysto-résistants de 1940 à nos jours, Paris, Perrin, 2008, Modèle:P.</ref>, d'où ses articles dans la rubrique « Jeunesses du monde » du quotidien Le Journal à propos de la JAC en 1939<ref>Le Journal, 20 avril 1939, Ibid., 27 avril 1939, Ibid., 29 juin 1939</ref>.

Le Modèle:Date-, il épouse Liliane Schueller dont il a eu une fille unique, Françoise Bettencourt Meyers. C'est le début d'une longue carrière dans le groupe L'Oréal, en parallèle à sa carrière politique commencée auparavant, en 1946.

Il est élu membre de l'Académie des beaux-arts de l'Institut de France (section Modèle:VI, membres libres) le Modèle:Date-, au fauteuil de Michel Faré.

En politique

Collaboration

Il collabore entre décembre 1940 et février 1942 à l'hebdomadaire maréchaliste et pétainiste La Terre française, publié en zone occupée, dans lequel il rédige à partir de février 1941 la chronique « Ohé ! les Jeunes ! ». Il y loue Pétain, Georges Lamirand, la Révolution nationale et la collaboration<ref>Bénédicte Vergez-Chaignon, Les vichysto-résistants de 1940 à nos jours, Paris, Perrin, 2008, Modèle:P.</ref>. Dans sa chronique du 16 août 1941, il écrit Modèle:Citation bloc Dans un article d'octobre 1941 intitulé Modèle:Citation, il affirme que Modèle:Citation<ref name="lexpress" />,<ref>Article publié le 11 octobre 1941, dans La Terre française, cité par Charles Poncet, Nestlé, Bettencourt & les nazis, L'Aire, 1996. Modèle:ISBN</ref>,<ref>André Bettencourt, « Nous dénoncerons... », La Terre française, 11 octobre 1941</ref>. Le Modèle:Date-, il y écrit dans un texte à propos de Jésus et de Pâques : Modèle:Citation<ref>« Propos insupportables » L'Humanité, 14 février 1995</ref>,<ref>André Bettencourt, « Carillon pascal », La Terre française, 12 avril 1941</ref>. Un autre article exprime de même un Modèle:Citation selon l'expression de l'historienne Bénédicte Vergez-Chaignon<ref name="ref_auto_1">Bénédicte Vergez-Chaignon, Les vichysto-résistants de 1940 à nos jours, Paris, Perrin, 2008, Modèle:P.</ref>.

Ses écrits, longtemps oubliés, seront mis en lumière en 1994 par un ancien résistant et ancien déporté juif, l'homme d'affaires Jean Frydman, à la suite d'un litige financier qui l'oppose aux dirigeants de L'Oréal. Administrateur israélien de Paravision, filiale audiovisuelle de L'Oréal, il a été évincé en 1989 par François Dalle, P-DG de L'Oréal et ami d'André Bettencourt, sous la pression de la Ligue arabe<ref name="trouble">Nicole Vulser, « Un siècle de beauté trouble », Le Monde, 8 juillet 2010.</ref>. Frydman révèle alors le passé pétainiste du milliardaire ainsi que celui de plusieurs autres dirigeants et cadres de L'Oréal sous l'Occupation, contraignant André Bettencourt à quitter la vice-présidence du groupe en Modèle:Date-<ref name="trouble" />. Frydman, dans une brochure, cite des extraits d'articles écrits par Bettencourt et l'accuse d'avoir été Modèle:Citation. André Bettencourt plaidera en 1995 Modèle:Citation et dira regretter Modèle:Citation<ref>Bénédicte Vergez-Chaignon, Les vichysto-résistants de 1940 à nos jours, Paris, Perrin, 2008, Modèle:P.</ref>. De même, il arguera n'avoir pas su qui étaient les propriétaires de l'hebdomadaire : Modèle:Citation<ref>Edwy Plenel, « L'affaire L'Oréal se transforme en affaire Bettencourt », Le Monde, 12 février 1995</ref>. Dans ses mémoires rédigées à l'intention de sa famille et de ses proches, il juge ses écrits Modèle:Citation et se justifie ainsi : Modèle:Citation<ref>Stéphanie Marteau, « André Bettencourt : mémoires d'un prince consort », Le Monde, 3 mai 2013</ref>.

Les mémoires, qu'il dicte entre 1998 à 1999 à Diane de Clairval, ex-directrice de la Fondation Bettencourt Schueller<ref>Ils sont, selon sa volonté, non publiés mais distribués à ses proches au lendemain de sa mort en 2007.</ref>, sont le témoignage d'un homme défait au passé terni par de sombres révélations. Ses Souvenirs tentent d'effacer l'accusation d'antisémitisme dont il fait alors l'objet, notamment aux yeux de son gendre Jean-Pierre Meyers, juif dont une partie de la famille a disparu dans les camps de concentration<ref name="Ian Hamel"/>.

Bénédicte Vergez-Chaignon souligne que le contenu maréchaliste de ses articles passe dans les années 1990 au second plan au profit de ses deux articles antisémites. Elle souligne de même que l'hebdomadaire n'est pas une Modèle:Citation même s'il a été publié avec l'aval des Allemands et qu'il est racheté en mars 1942 par une société servant de prête-nom à un agent allemand de la Propagandastaffel<ref name="ref_auto_1" />.

Activités de Résistance alléguées

Ses mémoires mentionneront de faux états de service dans la Résistance<ref name="Ian Hamel">Modèle:Ouvrage.</ref>. Au début de 1943, il serait entré dans la Résistance, au sein du Rassemblement national des prisonniers de guerre. Dans la nuit du 15 au Modèle:Date-, il aurait aidé François Mitterrand à rejoindre Londres en avion. Il aurait été arrêté la même année par la Gestapo à Nancy et aurait été incarcéré, il se serait évadé et serait devenu agent de liaison du CNR en SuisseModèle:Sfn,<ref>Modèle:Ouvrage</ref>, puis membre de la délégation à Berne du gouvernement d'Alger<ref name="assnat" />. Cependant, son rôle à Genève a été contesté par le député suisse Charles Poncet, de même Serge Klarsfeld déclare n'avoir trouvé aucune preuve de l'engagement de Bettencourt avant Modèle:Date-<ref name="23novembre2007_www.telegraph.co.uk" />.

Serge Klarsfeld met en doute le passé résistant de Bettencourt à partir de 1995, reconnaissant seulement des contacts avec les Américains en Suisse durant l'été 1944, pour le compte de François Mitterrand et de son MNPGD, afin de leur procurer un soutien financier : il a reçu de l'Office of Strategic Services (OSS) 2,5 millions de francs. Dès lors, Bettencourt apparait comme un Modèle:Citation<ref>Bénédicte Vergez-Chaignon, Les vichysto-résistants de 1940 à nos jours, Paris, Perrin, 2008, Modèle:P.</ref>. De même, il n'y a jamais eu de délégation du CNR à Genève. S'il a bien été arrêté par la Gestapo, fin 1943 à Nancy, ce fut sous sa véritable identité et par hasard et il a été libéré après plus d'un mois de détention<ref>Edwy Plenel, « Le passé de résistant de M. Bettencourt est mis en doute », Le Monde, 9 mars 1995</ref>.

Selon Bénédicte Vergez-Chaignon, il a été aux côtés de Mitterrand et de son Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés à partir de 1943. Ce serait grâce à Mitterrand qu'il aurait opté pour la Résistance, fin 1942, selon ses dires. Il serait plutôt entré en résistance vers août-septembre 1943, aux côtés d'amis apportant leur aide aux prisonniers de guerre et ayant une activité clandestine et illégale. Il est dès lors un vichysto-résistant<ref>Bénédicte Vergez-Chaignon, Les vichysto-résistants de 1940 à nos jours, Paris, Perrin, 2008, Modèle:P.</ref>.

À la Libération, il rejoint le MNPGD, issu de la fusion entre le RNPG et les autres réseaux de résistance de prisonniers et déportés)<ref>Jean Lacouture, Mitterrand, une histoire de français, éd. du Seuil, « Points », Modèle:P. et 100</ref>, et reçoit la croix de guerre 1939-1945, la rosette de la Résistance et la croix de chevalier de la Légion d'honneurModèle:Quand<ref name="assnat" />. Grâce à son témoignage et celui de son ami François Mitterrand, Eugène Schueller, son futur beau-père, fondateur de L'Oréal, évite l'épuration<ref name="23novembre2007_www.telegraph.co.uk" />.

Député

André Bettencourt s'engage en politique : il échoue aux législatives de 1946 mais succède à son père comme conseiller général de Lillebonne à la mort de celui-ci en 1947 et entre au conseil municipal de Saint-Maurice-d'Ételan.

Élu au scrutin de liste à l'Assemblée nationale en 1951 sous l'étiquette de l'Union des indépendants paysans et des républicains nationaux, il siège à la commission de la presse et à celle des territoires d'outre-mer, intervenant particulièrement sur le conflit indochinois en demandant la mise en place de négociations. Cette position le rapproche de Pierre Mendès France qui le fait entrer dans son cabinet comme secrétaire d'État à la Présidence du Conseil chargé de la coordination des services de l'information en Modèle:Date-<ref name="assnat" />.

Fichier:André Bettencourt in Romania.JPG
André Bettencourt (à gauche), alors ministre de l'Industrie, rencontrant Nicolae Ceaușescu (à droite) en Roumanie (le Modèle:Date-).

Réélu en 1956 sur la liste des indépendants paysans avec Pierre Courant, il participe à la Commission de la marine marchande. Il soutient les derniers gouvernements de la {{#ifeq: | s | Modèle:Siècle | IVe{{#if:|  }} }} république, approuve les traités créant la Communauté économique européenne et Euratom et vote les pouvoirs spéciaux en Algérie le Modèle:Date-, puis les pleins pouvoirs à De Gaulle et la révision constitutionnelle<ref name="assnat" />.

Réélu à l'Assemblée nationale jusqu'en 1977, dont il est vice-président de la commission des Affaires étrangères entre 1962 et 1965, puis sénateur de 1977 à 1995, il intègre la Fédération nationale des républicains indépendants dont il est vice-président de 1966 à 1971.

Le Modèle:Date-, André Bettencourt vote la loi dépénalisant l'avortement dite « loi Veil »<ref>http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/interruption/1974-12-20s.pdf</ref>.

Ministre

Il est nommé ministre sans interruption de 1966 à 1973, étant en particulier simultanément ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé du Plan et de l'Aménagement du territoire (cabinet de Jacques Chaban-Delmas) et chargé de l'intérim du ministre des Affaires culturelles, à la mort d'Edmond Michelet. Grâce à ce double mandat ministériel, il a pu autoriser l'exploitation d'une mine de bauxite à ciel ouvert par Pechiney, dans le site naturel classé des Baux-de-Provence<ref>, Michel Beaud, Pierre Danjou et Jean David, Une multinationale française, Seuil, 1975 Modèle:P.</ref>. Ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, il organise en septembre 1973 pour Georges Pompidou, la première visite présidentielle française en Chine depuis la prise de pouvoir par les communistes<ref name="afp">« Décès d'André Bettencourt, ancien ministre du général de Gaulle » brève AFP, LeMonde.fr, 19 novembre 2007, Modèle:Heure</ref>, et fut à ce titre l'un des rares hommes politiques français à avoir dialogué en direct avec Mao-Tsé Toung<ref name="filfax">Étienne Banzet « André Bettencourt est décédé à l’âge de 88 ans » Fil-fax, 20 novembre 2007</ref>.

En 1986, il est très brièvement cité comme premier ministre possible de François Mitterrand dans le cadre du premier gouvernement de cohabitation du fait de leur ancienne amitié<ref name="projets" />.

Elu local

Localement, il devient maire de Saint-Maurice-d'Ételan en 1965, conserve son mandat de conseiller général de Seine-Maritime jusqu'en 1979, et préside le conseil régional de Haute-Normandie de 1974 à 1981. Il participe à la création du district Lillebonne-Notre-Dame-de-Gravenchon<ref name="parisnorm">« La courtoisie du “grand parrain” » Paris Normandie, 20 novembre 2007</ref>, et du syndicat départemental de l'eau. Il est également l'initiateur du parc naturel régional de Brotonne, du prolongement de l'autoroute de Normandie et du développement du port du Havre<ref name="projets">Christophe dupuis, « Un homme de projet », Le Courrier cauchois, 23 novembre 2007, Modèle:P.</ref>.

Dans les affaires

À la fin de la guerre, il reprend sa carrière journalistique en fondant, aux côtés de Paul Desbruyères, Le Journal agricole devenu plus tard Journal de la France agricole puis La France agricole, dont il est administrateur<ref>Notice biographique, whoswho.fr</ref>. Il fusionne le Petit-Cauchois et le Réveil d’Yvetot pour créer Courrier cauchois le Modèle:Date-, dans lequel il publie jusqu'à sa mort, des éditoriaux lors des événements importants et des échéances électorales<ref name="filfax" />.

André Bettencourt intègre la direction de L'Oréal, en 1950 (année de son mariage avec Liliane). Il est vice-président de L'Oréal et président du holding Gesparal, qui contrôle le numéro un mondial des cosmétiques. Il quitte le groupe en 1995<ref>Nestlé : Liliane Bettencourt, la sombre fin de vie d'une héritière, zonebourse, le 21/09/2017.</ref>, à la suite des révélations sur son passé durant la Seconde Guerre mondiale.

Il finance les campagnes d'hommes politiques, notamment ceux affiliés au Parti républicain, une formation de droite soutenant Valéry Giscard d'Estaing. Il aurait également contribué à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007<ref>Modèle:Lien web</ref>.

Mandats et fonctions

Mandats électifs

Conseiller général de la Seine-Maritime

Maire de Saint-Maurice-d'Ételan

  • 1965–1989.

Président du conseil régional de Haute-Normandie

  • 1974–1981.

Conseiller régional de Haute-Normandie

Député de la Seine-Inférieure puis de la Seine-Maritime

Sénateur de la Seine-Maritime

Fonctions gouvernementales

Décorations

Notes et références

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Annexe

Articles connexes

Liens externes

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Bibliographie

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